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    La Provence en 1164 (un peu d'histoire et de politique).

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    La Provence en 1164 (un peu d'histoire et de politique).

    Message par Bonisagus (David) le Dim 2 Déc - 14:35

    Voici un petit résumé d'histoire et de géopolitique vers 1164.

    Depuis 1125, la Provence est coupée en deux :
    - le nord de la Durance est sous domination du puissant Comte de Toulouse.
    - le sud de la Durance est dirigée par le comte de Provence : Raimond Béranger (de la famille des comtes de Barcelone).

    Les puissants comtes de Toulouse et de Barcelone sont en conflit sur de nombreux territoires (notamment en Occitanie).

    Suite à l'assassinat du précédent comte de Provence en 1144 (Raimond Béranger de la famille de Barcelone), le seigneur des Baux (Hugues II) décida de se révolter contre les autorités barcelonaises et de mettre la main sur la Provence. Bénéficiant au début de l'aide du comte de Toulouse et des familles de chevaliers provençales, tout se passa bien pour eux. Hélas pour le seigneur des Baux, le comte de Toulouse de l'époque parti aux croisades en plein milieu du conflit, et les familles nobles provençales se retournèrent contre lui - et ce malgré le passé glorieux des chevaliers des Baux pour leurs luttes contre les maures (en fait ils inspiraient bien plus la peur que le respect). En 1162, les barcelonais et leurs alliés arlésiens finirent donc par triompher des chevaliers des Baux et rasèrent donc leur citadelle des Baux ainsi que leur forteresse de Trinquetaille (située en Arles, mais sur la rive ouest du Rhône).

    En 1163 le seigneur des Baux a déjà commencé à reconstruire sa forteresse des Baux grâce à ses immenses moyens financiers (il possède plus de 80 domaines un peu de partout en Provence et jusque dans les Alpes). Il a également récupéré leur palais d'Arles (après tout, il a accepté sa défaite et s'est soumis aux autorités barcelonaises).

    Les puissantes familles nobles arlésiennes (les « chevaliers arlésiens ») soutiennent désormais en grande partie le pouvoir barcelonais, mais il y en a tout de même quelques unes qui ont une préférence pour les toulousains. Pareil pour la population, qui est assez partagée sur la question. Il y a des tensions entre partisans des toulousains et des barcelonais, parfois au sein même des familles.

    La situation étant assez « tendue » en Arles, le comte de Provence (Raimon Béranger II de la famille de Barcelone) passe la plupart de son temps à Aix (alors que la capitale de la Provence est normalement Arles).

    De même pour l'évêque d'Arles (Raimond de Bollène – successeur de l'évêque Sylvius), qui est un allié des barcelonais et un proche de l'abbaye Saint Victor à Marseille (ville traditionnellement rivale d'Arles). Celui-ci ne vient plus en Arles que pour d'importantes fêtes religieuses (il réside habituellement à Salon, dont il est également le seigneur).


    Dernière édition par Bonisagus (David) le Lun 3 Déc - 11:31, édité 5 fois

    Bonisagus (David)

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    Re: La Provence en 1164 (un peu d'histoire et de politique).

    Message par Bonisagus (David) le Lun 3 Déc - 10:32

    Quelques notes sur Arles et ses environs à l'époque de la campagne.

    - La basilique Saint Etienne et son cloître attenant (qui s'appellera plus tard la basilique Saint Trophime) abrite depuis 1152 les reliques de Saint Honorat, Saint Trophime, de Saint Genest, et d'autres saints moins illustres (qui étaient jusque là conservées aux Alsycamps). Du coup elle est devenue un lieu de pèlerinage (et elle a donc détroné les Alyscamps) sur l'un des chemins de Saint Jacques de Compostelle.

    - Saint Gilles (sur la rive ouest du Rhône) possède elle aussi un très important pèlerinage, celui de Saint Gilles. Saint Gille est également un très important port de commerce et d'embarquement pour la Terre Sainte ou ailleurs.

    - L'abbaye de Montmajour est très puissante. Elle est très riche du fait du « pardon de Montmajour » qui est un pèlerinage très lucratif pour elle (on pardonne les pêchers en échange d'argent) mais aussi du fait des nombreux domaines qu'elle possède un peu de partout. Les moines de Montmajour ont un « chef », qui est l'un des leurs, et sont indépendants de l'autorité de l'évêque d'Arles.

    - Beaucaire est un lieu de foires annuelles ou saisonnières très important. On y trouve tous les produits qui débarquent à Marseille, en Arles ou à Saint Gilles et on y échange avec l'Occitanie, le royaume de France …

    - L'esclavage est commun en Provence, tout comme en Italie, en Espagne et ailleurs. C'est un esclavage « rural ». Les esclaves proviennent de diverses zones de conflits du moment (maures d'Espagne en pleine « reconquista », maures d'Afrique du nord, pays de l'est …). Un esclave homme vaut moins qu'un bon cheval mais plus qu'un mulet (donc en gros entre un et deux ans de salaire moyen de l'époque). Ils sont employés dans les champs, les artisans leur apprennent leur métier pour en faire des assistants, ils sont employés comme domestiques dans les maisons … Ce ne sont pas des produits de luxe, l'esclavage est courant. Une jeune esclave exotique est par contre elle un produit de luxe (quatre à cinq ans d'un salaire moyen de l'époque). L'église accepte l'esclavage, tant que les esclaves sont baptisés. Lorsqu'il vieillit, l'esclave peut être affranchi, à condition qu'il accepte de continuer à travailler quelques années encore pour son ancien maître pour un salaire préférentiel.

    - Les Alpilles sont un endroit très sauvage et difficilement accessible (sauf pour quelques éleveurs de chèvres). L'église considère les Alpilles comme un endroit païen (avec des lieux et des autels dédiés à d'antiques divinités romaines ou autres). Il est déconseillé de s'y promener (disparitions …).

    - Le nord de la Camargue (rive ouest du Rhône) est occupée par des chaînerais utilisées pour le bois de chauffe et réservées à la chasse des nobles Arlésiens.

    - Le sud de la Camargue est un marécage (il vaut mieux ne pas s'éloigner des quelques chemins balisés sous peine de s'embourber). Il débouche sur la Méditerranée.

    - Au sud des Alpilles se trouve une vallée encaissée contenant le marais de la vallée des Baux (qui s'étend jusqu'à une petite chaîne montagneuse au delà de laquelle se trouve la Crau). Il s'étend jusqu'à l'abbaye de Montamajour et aux remparts d'Arles. Une petite partie a commencé à être asséchée par les moines de l'abbaye pour en faire des cultures.

    - La Crau (au sud du marais de la vallée des Baux) est une zone sauvage et extrêmement sèche où des bergers font paître leurs brebis. Elle débouche sur une zone marécageuse au sud où elle touche la mer.

    - Les terres situées au nord des Alpilles (jusqu'à la Durance au nord et le Rhône à l'est) est une zone très fertile appartenant aux familles nobles d'Arles et des villages environnants, et à l'évêché arlésien. On y fait pousser des céréales, des fruits et légumes … Les crues du Rhône et de la Durance apportent de riches alluvions, mais font aussi de gros dégâts.

    - Sur les pentes accessibles des Alpilles (au nord comme au sud) ont fait pousser de la vigne et des oliviers.

    - Il y a des bacs (avec câbles) pour traverser la Durance au niveau de Cavaillon, de Rognonas, de Barbentane, d'Arles et d'Avignon (les ponts flottants romains de ces deux cités n'existent plus). Entre Tarascon et Beaucaire il n'y a pas de bac, mais des barques (payantes comme les bacs). Le pont d'Avignon n'existe pas encore.

    - Les papes n'arriveront en Avignon que dans une centaine d'années. Les remparts au 12ème siècle sont beaucoup plus limités que de nos jours. Il y a déjà une forteresse et une cathédrale là où de nos jours se trouvent le palais des papes et la cathédrale Notre Dame des Doms.

    - Arles et Avignon abritent chacune entre 10 et 12,000 habitants (environ 4000 « feux » ou foyers).

    - Salon et Aix possèdent entre 4 et 5000 habitants chacune.

    - Marseille comporte entre 20 et 25,000 habitants.

    - Istres, Fos, Martigues, Miramas, Saint Blaise …

    - Il n'y a plus de forces militaires maures en Provence depuis l'an mille (ils en ont été chassés par Gullaume d'Arles, dit « le libérateur »).

    - Arles est dirigé par un groupe de 12 consuls constitué de nobles arlésiens et de riches marchands. Ils siègent au palais des consuls (palais des "podestats") qui se situe en face de la basilique Saint Trophime.

    - La Provence, comme la France, l'Occitanie, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne …. appartiennent au Saint empire romain Germanique (l'empereur actuel est Frédéric Ier Barberousse). L'autorité de ce si volumineux empire est très ténue, si loin du pouvoir, ici en Provence. Pratiquement, l'empereur laisse donc les comtes et seigneurs locaux régler leurs affaires entre eux … et donne ensuite souvent raison au plus fort (il a reconnu l'autorité des seigneurs des Baux lorsqu'ils ont conquis le sud de la Provence, et a fait de même lorsque les barcelonais ont reconquis leurs territoires).

    - Marseille jouit d'une grande liberté (c'est une cité autonome). Il s'y trouve une quantité impressionnante de nationalités : italiens (génois, pisans, romains, vénitiens), catalans, occitans, maures (et ce malgré les croisades et la reconquista), byzantins (même s'ils ne sont pas trop aimés), normands (royaume de Sicile), francs … Beaucoup de juifs (tout comme en Arles) qui sont souvent en compétition commerciale avec les musulmans … On y fait le commerce de toutes sortes de biens, de l'esclavage (grosse place tournante de l'esclavage avec Venise), on y part pour toutes sortes de destinations, que ce soit par la route ou par le port (c'est un des points de départ vers la Terre Sainte) … La cité est réputée pour être dangereuse et compliquée à gérer. Les marseillais ont un tempérament bien trempé et se révoltent assez souvent (contre leur seigneur, contre leur évêque …).

    - A Montpellier il y a une université de médecine (l'une des toutes premières).

    - La seconde croisade (1146-1149) s'est terminée par un échec des croisés à prendre Damas et à récupérer les royaumes perdus depuis la première croisade (1099). Beaucoup de tensions entre les barons ayant participé à la croisade ...

    - Monuments romains d'Arles et des environs : les arènes (qui sont devenues un véritable village fortifié dans la ville durant le moyen-âge - voir la photo ci-dessous), le théâtre, le cirque (aujourd'hui disparu), les thermes de Constantin, les cryptoportiques (souterrains), le forum, une partie des remparts, les Alyscamps, l'aqueduc de Barbegal (au sud de Fontvieille) ...



    Dernière édition par Bonisagus (David) le Lun 3 Déc - 14:02, édité 5 fois

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    Re: La Provence en 1164 (un peu d'histoire et de politique).

    Message par Bonisagus (David) le Lun 3 Déc - 10:53

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    Re: La Provence en 1164 (un peu d'histoire et de politique).

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